Oui, la presse francophone vient de se prendre un choc majeur, qui ébranle les certitudes brassicoles clichéisantes de ses journalistes au plus profond : une lager, bière de fermentation basse, n'est pas forcément blonde, et vu que Guinness sort une lager noire, il ne leur est pas possible de l'ignorer. Alors que cela fait plus d'un siècle qu'ils ignorent joyeusement les Münchner Dunkles, Schwarzbiere, bières noires tchèques et autres Porters baltes... ou du moins ignorent leur vraie nature.
Il est vrai que beaucoup de dictionnaires anglais-français, ignorant aussi royalement la nature des choses, traduisent lager par bière blonde et ale par bière rousse, là où il s'agit simplement de termes génériques pour les bières de fermentation respectivement basse et haute
Wow. Quelle révolution culturelle...
Une dépêche AFP serait un des premiers relais en langue française de l'information : Guinness sont en train de tester, en Malaisie et en Irlande du Nord, le potentiel de ventes d'une Guinness Black Lager. "Pour les buveurs qui trouvent la Guinness Stout trop épaisse"...
Bref, une fois de plus , c'est du foutage de gueule de haut vol de la part de Guinness, qui s'appuie sur un des nombreux mythes sans fondement qui entourent la marque.
Dussé-je le répéter encore et encore : pour une stout, la Guinness pression standard est tout sauf épaisse, elle manque de rondeur, de corps, d'intensité. En fait, beaucoup d'amateurs avisés en parlent déjà couramment comme étant très semblable à une lager noire, vu l'impression carrément aqueuse qu'elle laisse par rapport à nombre de stouts de densité semblable...
Bref, on peut légitimement se demander ce que Guinness ont bien pu trouver à retirer au niveau épaisseur en bouche...
Mais si ça a pu apprendre quelque chose à l'AFP, agence de presse notoirement ignare dès qu'on parle de bière, c'est tout ça de pris, positivons.
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mercredi 24 mars 2010
vendredi 4 décembre 2009
Langue de bois
Il y a des jours où j'ai l'impression que je ne comprends pas ma langue maternelle.
Par exemple hier soir en lisant ceci sous l'intitulé "C'est quoi une bonne bière ?" sur le site de "L'Hôtellerie-Restauration".
Superbe tranche de langue de bois pour faire comprendre aux cadres de l'HoReCa outre-Jura que ça serait le moment d'arrêter de saloper le service de la bière et de se soucier un petit peu de qualité, des fois que la clientèle finisse par aller voir ailleurs.
Traduit en franco-mercatique, ça donne par exemple :
Tiens, quand je lis des trucs pareil, moi, ça me fiche mal au turban.
Par exemple hier soir en lisant ceci sous l'intitulé "C'est quoi une bonne bière ?" sur le site de "L'Hôtellerie-Restauration".
Superbe tranche de langue de bois pour faire comprendre aux cadres de l'HoReCa outre-Jura que ça serait le moment d'arrêter de saloper le service de la bière et de se soucier un petit peu de qualité, des fois que la clientèle finisse par aller voir ailleurs.
Traduit en franco-mercatique, ça donne par exemple :
"Proposer une bonne bière, c’est une solution commerciale qui répond aux exigences des amateurs et permet de s’adresser correctement à de nouvelles clientèles."Mais on y lit aussi :
"Une bonne bière n’est pas forcément un produit cher où à la typicité marquée. On le sait aujourd’hui et quel que soit le produit ou le type de produit, c’est la qualité qui doit être au rendez-vous."Allez, il faut valoriser le service, mettre du décorum, et peu importe que la bière goûte l'eau... serait-ce l'ombre des multinationales pourvoyeuses de blonde de masse insipide qui se profile dans le fond, hmmm ?
Tiens, quand je lis des trucs pareil, moi, ça me fiche mal au turban.
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[french],
France,
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