C'est fou ce qu'on trouve dans les recoins du Grand Cyberfoutoir Planétaire...
Il y a six semaines, je faisais allusion au fait que les bières sans alcool ne servaient manifestement à Carlsberg Suisse que dans une perspective de contournement de la loi en matière de publicité à la télévision, et je faisais allusion à l'affaire, il y a quelques années, du spot Cardinal quasi-identique pour la version sans (à la télé) et avec alcool (au cinéma).
Et là, on dit merci à IouTioube, moderne tonneau des Danaïdes :
version cinéma
version télévision
Edifiant, non ?
vendredi 30 octobre 2009
vendredi 23 octobre 2009
Recette pour fainéant.
Celle-ci est une légère adaptation d'une recette qui refait régulièrement depuis une bonne décennie sur le forum usenet fr.rec.cuisine et dont un certain François Leloup serait, autant que j'aie pu m'en assurer, le créateur à l'origine. Qu'il soit remercié ici de cette contribution majeure à la cuisine à la bière.
Dans le genre, c'est de la cuisine fainéante et décadente. Pas loin de la perfection, quoi.
Le plus difficile de l'opération - du moins en Suisse - c'est de mettre la main sur des cuisses de canard: A part des bouchers bien fournis en volaille, il n'y a guère que Manor qui vendent ça de manière plus ou moins régulière au rayon alimentaire.
Canard à la Bière
Ingrédients :
- 2 cuisses de canard
- une douzaine d'olives noires
- 330 ml de bière*
- une giclée de vinaigre de malt
- évt. un peu de fécule pour lier en fin de cuisson
* Choix de la bière : ambrée ou brune, au caractère très malté et avec aussi peu d'amertume que possible, vu la longue cuisson. C'est le genre de recette idéal pour liquider ces L*ffe Radieuse, ces M*redsous 8, ces K*steel Brunes etc. bien doucereuses qui traînent à la cave.
Mais ça pourrait aussi très bien se faire avec une Schneider Aventinus, par exemple.
Préchauffer le four à 120°C.
Disposer le canard et les olives dans un plat à four, verser la bière et le vinaigre. Mettre au four.
Laisser 3 à 4 heures en retournant toutes les heures.
Corriger l'assaisonnement, éventuellement lier le jus.
Servir avec une purée et quelques légumes ou une salade.
On peut le faire la veille et le mettre au frais, ce qui permet de récupérer un peu tout ce gras qui surnage...
Et pour pousser, une bière ambrée ou brune plus sèche et amère que celle qui a servi dans le plat, par exemple une Märzen ou une Altbier allemande, ou éventuellement une vieille brune acide comme une Liefmans Goudenband ou une Duchesse de Bourgogne, voire leurs déclinaisons à la cerise...
Dans le genre, c'est de la cuisine fainéante et décadente. Pas loin de la perfection, quoi.
Le plus difficile de l'opération - du moins en Suisse - c'est de mettre la main sur des cuisses de canard: A part des bouchers bien fournis en volaille, il n'y a guère que Manor qui vendent ça de manière plus ou moins régulière au rayon alimentaire.
Canard à la Bière
Ingrédients :
- 2 cuisses de canard
- une douzaine d'olives noires
- 330 ml de bière*
- une giclée de vinaigre de malt
- évt. un peu de fécule pour lier en fin de cuisson
* Choix de la bière : ambrée ou brune, au caractère très malté et avec aussi peu d'amertume que possible, vu la longue cuisson. C'est le genre de recette idéal pour liquider ces L*ffe Radieuse, ces M*redsous 8, ces K*steel Brunes etc. bien doucereuses qui traînent à la cave.
Mais ça pourrait aussi très bien se faire avec une Schneider Aventinus, par exemple.
Préchauffer le four à 120°C.
Disposer le canard et les olives dans un plat à four, verser la bière et le vinaigre. Mettre au four.
Laisser 3 à 4 heures en retournant toutes les heures.
Corriger l'assaisonnement, éventuellement lier le jus.
Servir avec une purée et quelques légumes ou une salade.
On peut le faire la veille et le mettre au frais, ce qui permet de récupérer un peu tout ce gras qui surnage...
Et pour pousser, une bière ambrée ou brune plus sèche et amère que celle qui a servi dans le plat, par exemple une Märzen ou une Altbier allemande, ou éventuellement une vieille brune acide comme une Liefmans Goudenband ou une Duchesse de Bourgogne, voire leurs déclinaisons à la cerise...
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canard,
gastronomie,
recette
mardi 20 octobre 2009
Prochainement, dans une brasserie près de chez vous...
... pour les amateurs zet amatrices de blanches hérétiques, la Nuit de la Fraîcheur à la Brasserie Trois Dames de Ste-Croix le samedi 24 octobre dès 19 heures.
Plus de détails et téléchargement du flyer ici.
... le légendaire Brassin Public de la Brasserie des Franches-Montagnes à Saignelégier aura quant à lui lieu le vendredi 6 novembre au soir et le samedi 7 novembre toute la journée.
Le flyer "bricole-it-yourself"avec tous les détails et plein d'activités manuelles pour entraîner la motricité fine avec les ciseaux est maintenant téléchargeable ici.
Plus de détails et téléchargement du flyer ici.
... le légendaire Brassin Public de la Brasserie des Franches-Montagnes à Saignelégier aura quant à lui lieu le vendredi 6 novembre au soir et le samedi 7 novembre toute la journée.
Le flyer "bricole-it-yourself"avec tous les détails et plein d'activités manuelles pour entraîner la motricité fine avec les ciseaux est maintenant téléchargeable ici.
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lundi 19 octobre 2009
Mondial de Strasbourg, retour.
Le premier Mondial de Strasbourg a fermé ses portes hier dimanche sur un bilan mitigé, selon l'AFP reprise par Cyberpresse, avec 10'000 visiteurs au lieu des 15'000 à 20'000 attendus. Mais le salon sera reconduit en 2010, en tablant sur le bouche-à-oreille.
Par la grâce d'un aller-retour pas cher avec la carte TER de l'ami Pascal, j'y étais, à Strasbourg, ce samedi, à titre purement personnel, en touriste... ça me change.
Arrivés un petit peu après midi, le festival bruissait très doucement dans un relatif vide (cf photos), et en repartant un petit peu avant 19 heures, ce n'était toujours pas la grande foule, donc le nombre d'entrées annoncé par les organisateurs ne m'étonne pas outre mesure.
Ce qui était surtout frappant, c'est la relativement forte proportion d'amateurs plus ou moins chevronnés venus de plus ou moins loin en France et à l'étranger, y compris un perceptible contingent nord-américain, par rapport aux consommatrices et consommateurs locaux - dont la présence aussi massive que possible est nécessaire à tout festival brassicole pour équilibrer ses comptes, que ce soit à Londres, Copenhague ou Sint Niklaas.
Donc Gérârd-et-Frônck-qui-roulent-à-la-Kro ne sont apparemment pas venus. J'évoquais dans mon billet précédent sur le Mondial les prix affichés comme un écueil possible - non qu'ils soient trop élevés, mais bien que le public local ne soit pas prêt à les accepter... - et on dirait bien que ça s'est confirmé.
C'est sage de la part des organisateurs de tabler sur le bouche-à-oreille, les deuxièmes et troisième édition étant déterminantes dans ces conditions-là. Gérârd-et-Frônck-qui-roulent-à-la-Kro, s'ils ont bloqué face au prix d'entrée, se laisseront peut-être convaincre la prochaine fois par leurs quelques potes qui s'y sont rendus cette année et y ont pris quelques salutaires claques qui ont élargi leurs horizons gustatifs...
Sur le plan d 'un impact durable sur la paysage brassicole français, il est surtout indéniable que ce Mondial aura amené à un public majoritairement français nombre de bières aux goûts tranchant sérieusement avec la dominante du "goût belge" et du sucré qui y a cours. Surtout côté houblonnage plus ou moins massif.
Là, c'est clairement le fait de la composante québécoise de l'organisation, qui fonctionne sur des bases plus ouvertes et avec des réseaux plus étendus que le petit landerneau brassicole français qui tourne un peu en circuit fermé sur une base francocentrique, profondément monolingue, peinant à vraiment comprendre des traditions différentes de la sienne.
Mais encore faudrait-il que les personnes vendant ces bières aient une vague compréhension de ce qu'elles vendaient. Il ne suffit pas de planter un bénévole, même bien disposé, à un stand avec une feuille de notes de dégustation - souvent en anglais - pour que cette personne sache miraculeusement ce qu'il y a à expliquer et comment conseiller le client par rapport à des bières suédoises, étasuniennes ou britanniques.
A ce niveau-là, la présence des brasseurs de quelques-unes des brasseries italiennes et québécoises présentes a fait la différence. Ce n'est pas un hasard s'il y avait presque toujours un attroupement devant les stands de Dieu du Ciel, de Baladin et de Birra del Borgo, le service et le conseil qui y étaient prodigués étant impeccables...
Au stand Baladin, un échantillon de X-Fumé servi par Maître Teo lui-même fut d'ailleurs un moment d'intense contemplation... Il s'agit d'une déclinaison de ses Xyauyù, bières plates et volontairement madérisées aux airs de vieux portos qui laissent toujours leur petit monde comme deux ronds de flan, à laquelle a été ajouté du lapsang souchong pour sa fumée qui développe un registre de charbon et de goudron frais. Ce fumé est parfaitement intégré dans la douceur et le fruité intenses de la bière de base. Une fois de plus, Teo Musso a fait la preuve de sa capacité à faire évoluer ses produits toujours plus avant en gardant des profils fondamentalement harmonieux. Respect !
Côté restauration, l'offre était bonne, variée et adaptée à un pareil évènement. Un peu chère, peut-être, et les espaces restaurant occupaient pas mal de place en restant passablement vides. Il serait peut-être préférable de n'avoir que des stands de nourriture à l'emporter et des espaces libres munis de tables et de chaises.
Par contre, pas de problème avec les caisses à coupons à l'intérieur, les stations de lavage des verres et la boutique, où les tarifs étaient étonnamment abordables... le lieu, relativement lumineux et pas trop agressif sur le plan acoustique est parfaitement approprié, bien relié au réseau de transport publics, donc la base en termes d'infrastructure est fondamentalement saine et permettra une évolution occupant plus d'espace.
L'un dans l'autre en gardant à l'esprit que c'est une première et qu'elle sert par nature au rodage de l'organisation, le bilan est globalement positif, et le potentiel de progression est réel et tout à fait concret...
Sans oublier l'occasion unique en termes de réseautage, de serrage de mains, de retrouvailles et de nouvelles connaissances.
Bref, l'évolution sera intéressante à observer l'an prochain.
Les dates sont déjà fixées : 22 au 24 octobre 2010, même lieu.
Par la grâce d'un aller-retour pas cher avec la carte TER de l'ami Pascal, j'y étais, à Strasbourg, ce samedi, à titre purement personnel, en touriste... ça me change.
Arrivés un petit peu après midi, le festival bruissait très doucement dans un relatif vide (cf photos), et en repartant un petit peu avant 19 heures, ce n'était toujours pas la grande foule, donc le nombre d'entrées annoncé par les organisateurs ne m'étonne pas outre mesure.
Ce qui était surtout frappant, c'est la relativement forte proportion d'amateurs plus ou moins chevronnés venus de plus ou moins loin en France et à l'étranger, y compris un perceptible contingent nord-américain, par rapport aux consommatrices et consommateurs locaux - dont la présence aussi massive que possible est nécessaire à tout festival brassicole pour équilibrer ses comptes, que ce soit à Londres, Copenhague ou Sint Niklaas.
Donc Gérârd-et-Frônck-qui-roulent-à-la-Kro ne sont apparemment pas venus. J'évoquais dans mon billet précédent sur le Mondial les prix affichés comme un écueil possible - non qu'ils soient trop élevés, mais bien que le public local ne soit pas prêt à les accepter... - et on dirait bien que ça s'est confirmé.
C'est sage de la part des organisateurs de tabler sur le bouche-à-oreille, les deuxièmes et troisième édition étant déterminantes dans ces conditions-là. Gérârd-et-Frônck-qui-roulent-à-la-Kro, s'ils ont bloqué face au prix d'entrée, se laisseront peut-être convaincre la prochaine fois par leurs quelques potes qui s'y sont rendus cette année et y ont pris quelques salutaires claques qui ont élargi leurs horizons gustatifs...
Sur le plan d 'un impact durable sur la paysage brassicole français, il est surtout indéniable que ce Mondial aura amené à un public majoritairement français nombre de bières aux goûts tranchant sérieusement avec la dominante du "goût belge" et du sucré qui y a cours. Surtout côté houblonnage plus ou moins massif.
Là, c'est clairement le fait de la composante québécoise de l'organisation, qui fonctionne sur des bases plus ouvertes et avec des réseaux plus étendus que le petit landerneau brassicole français qui tourne un peu en circuit fermé sur une base francocentrique, profondément monolingue, peinant à vraiment comprendre des traditions différentes de la sienne.
Mais encore faudrait-il que les personnes vendant ces bières aient une vague compréhension de ce qu'elles vendaient. Il ne suffit pas de planter un bénévole, même bien disposé, à un stand avec une feuille de notes de dégustation - souvent en anglais - pour que cette personne sache miraculeusement ce qu'il y a à expliquer et comment conseiller le client par rapport à des bières suédoises, étasuniennes ou britanniques.
A ce niveau-là, la présence des brasseurs de quelques-unes des brasseries italiennes et québécoises présentes a fait la différence. Ce n'est pas un hasard s'il y avait presque toujours un attroupement devant les stands de Dieu du Ciel, de Baladin et de Birra del Borgo, le service et le conseil qui y étaient prodigués étant impeccables...
Au stand Baladin, un échantillon de X-Fumé servi par Maître Teo lui-même fut d'ailleurs un moment d'intense contemplation... Il s'agit d'une déclinaison de ses Xyauyù, bières plates et volontairement madérisées aux airs de vieux portos qui laissent toujours leur petit monde comme deux ronds de flan, à laquelle a été ajouté du lapsang souchong pour sa fumée qui développe un registre de charbon et de goudron frais. Ce fumé est parfaitement intégré dans la douceur et le fruité intenses de la bière de base. Une fois de plus, Teo Musso a fait la preuve de sa capacité à faire évoluer ses produits toujours plus avant en gardant des profils fondamentalement harmonieux. Respect !
Côté restauration, l'offre était bonne, variée et adaptée à un pareil évènement. Un peu chère, peut-être, et les espaces restaurant occupaient pas mal de place en restant passablement vides. Il serait peut-être préférable de n'avoir que des stands de nourriture à l'emporter et des espaces libres munis de tables et de chaises.
Par contre, pas de problème avec les caisses à coupons à l'intérieur, les stations de lavage des verres et la boutique, où les tarifs étaient étonnamment abordables... le lieu, relativement lumineux et pas trop agressif sur le plan acoustique est parfaitement approprié, bien relié au réseau de transport publics, donc la base en termes d'infrastructure est fondamentalement saine et permettra une évolution occupant plus d'espace.
L'un dans l'autre en gardant à l'esprit que c'est une première et qu'elle sert par nature au rodage de l'organisation, le bilan est globalement positif, et le potentiel de progression est réel et tout à fait concret...
Sans oublier l'occasion unique en termes de réseautage, de serrage de mains, de retrouvailles et de nouvelles connaissances.
Bref, l'évolution sera intéressante à observer l'an prochain.
Les dates sont déjà fixées : 22 au 24 octobre 2010, même lieu.
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Strasbourg
vendredi 16 octobre 2009
"Premier prix" : le paradoxe helvétique
D'aucuns se souviennent certainement d'une certaine émission de télévision avec un test de bières blondes.
A la consternation générale, la Denner Lager était sortie deuxième, devant nombre de grandes marques.
Consternation générale ? Pas vraiment.
A l'époque, Sidonie Bündgen, elle-même brasseuse, qui avait participé à l'émission, avait résumé la situation hors caméra en un cinglant "Normal... quand tu bois de la Denner Lager, on te fait pas payer les parasols !"
Exactement... Si la Denner Lager s'en était bien tirée, c'est parce qu'en Suisse, certaines marques de distributeurs sont produites sans recourir à des petites économies honteuses genre brassage et fermentation à haute densité (cf. l'aveu du directeur d'Heineken Suisse, face caméra, dans ladite émission A Bon Entendeur du 6 octobre 2006... Luc Mariot avait fait très fort sur ce coup-là !)
Typiquement, pour augmenter le rendement d'une installation de brassage d'une capacité donnée, on brasse et on fermente une bière à une densité correspondant à 7 ou 8% d'alcool, mais on la dilue, au conditionnement, pour qu'elle revienne aux 4,7 ou 4,8% "normaux". Ce qui permet de produire facilement 20 ou 25% de bière en plus avec les mêmes cuves.
L'effet est le même que si on dilue un thé très fort : un joli goût aqueux du produit fini, quoi qu'en disent les producteurs, qui n'aiment pas en parler, mais pas du tout. En fait, c'est la meilleure façon de causer un froid glacial quand on visite une brasserie industrielle...
Bon, lesdites brasseries industrielles vivent du fait qu'une majorité de la population n'accorde aucune importance au goût des choses, alors pourquoi ils se gêneraient de jouer aux dilueurs fous, hein ?
Bref, les bières "premier prix" sous marques de distributeurs suisses semblent parfois produites sans passer par ce petit raccourci honteux, si on en juge par les quelques bonnes surprises qu'il y a dans ce secteur-là.
Peut-être bien parce que ces bonnes surprises, étant produites en tonnages pas très importants vu la taille du marché suisse, ne justifient pas de se livrer à ce petit jeu-là. (Chose qui avait été étayée par le bon classement, dans le test évoqué, de la Valaisanne Blonde 25, un produit Carlsberg Suisse, mais elle aussi produite en petit tonnage à Sion)
C'est très difficile sur ce créneau-là de déterminer qui produit quoi, les étiquettes étant obstinément muettes (contrairement au bières bio sous marques de distributeur, vu que le cadre du Bio prévoit la transparence quant au titulaire de la licence bio, qui doit être indiqué sur l'emballage)... mais des rumeurs plus ou moins persistantes circulent.
La Denner Lager sortirait apparemment des cuves d'une brasserie appartenant à Ramseier (ex-Unidrink, ex-Lupo's Getränke). C'était aussi le cas de la bière Farmer - blonde et brune - vendue dans tous les Landi du pays, qui est une autre de ces bières surprenantes de caractère en regard de son prix, jusqu'à ce que Landi changent de commanditaire et se fournissent en Allemagne.
Le cas le plus spectaculaire est cependant celui de la bière Helvetia / Prix Garantie de Coop (produite par Heineken Suisse, si l'on en croit le rapport de la Commission de la concurrence sur la reprise d'Eichhof par Heineken en 2008, page 14... ), qui, en dégustation à l'aveugle, domine non seulement les autres marques distributeur bas de gamme de la Coop comme Tell (produite elle aussi par Heineken Suisse), mais aussi les grandes marques qui coûtent trois fois et demi plus cher (Par exemple, l'Heineken, qui sort de la même brasserie, coûte Fr. 2.20 la boîte de 500ml, contre -.65 pour la Prix Garantie...)
Pas une bière exceptionnelle, mais quelque chose de vraiment correct, avec un petit peu de corps, un houblon floral vraiment perceptible au nez et une bonne amertume en sortie. Un bon exemple, honnête et éminemment buvable, de Schweizer Lager Hell (cf. mon topo sur l'héritage du cartel de la bière en Suisse)
Quand il s'agit, au bureau, d'organiser des apéros, par exemple quand un ou une collègue nous quitte, la question que me posent souvent mes collègues c'est "on prend quoi comme bière ?", certains qu'il faut du spécial ou du cher pour me satisfaire, avec ma réputation...
Quand je réponds "oh, si tu vas à la Coop, prends de la Prix Garantie...", y'a des mâchoires qui tombent, parmi ceux qui ne sont pas encore au courant, tant le schéma "premier prix = bêêrk / grande marque = miam" est enraciné dans les esprits...
Moralité : c'est mieux de soutenir les petites brasseries locales et les micros, mais quand il faut de la bière "sacrifiable" en quantité pour une fête, de la bière qui soit à la fois pas chère, acceptable par les profanes, et vraiment, honnêtement buvable, c'est, paradoxe helvétique oblige, du côté des "premier prix" qu'il faut chercher, parce qu'il y a quelques perles...
A la consternation générale, la Denner Lager était sortie deuxième, devant nombre de grandes marques.
Consternation générale ? Pas vraiment.
A l'époque, Sidonie Bündgen, elle-même brasseuse, qui avait participé à l'émission, avait résumé la situation hors caméra en un cinglant "Normal... quand tu bois de la Denner Lager, on te fait pas payer les parasols !"
Exactement... Si la Denner Lager s'en était bien tirée, c'est parce qu'en Suisse, certaines marques de distributeurs sont produites sans recourir à des petites économies honteuses genre brassage et fermentation à haute densité (cf. l'aveu du directeur d'Heineken Suisse, face caméra, dans ladite émission A Bon Entendeur du 6 octobre 2006... Luc Mariot avait fait très fort sur ce coup-là !)
Typiquement, pour augmenter le rendement d'une installation de brassage d'une capacité donnée, on brasse et on fermente une bière à une densité correspondant à 7 ou 8% d'alcool, mais on la dilue, au conditionnement, pour qu'elle revienne aux 4,7 ou 4,8% "normaux". Ce qui permet de produire facilement 20 ou 25% de bière en plus avec les mêmes cuves.
L'effet est le même que si on dilue un thé très fort : un joli goût aqueux du produit fini, quoi qu'en disent les producteurs, qui n'aiment pas en parler, mais pas du tout. En fait, c'est la meilleure façon de causer un froid glacial quand on visite une brasserie industrielle...
Bon, lesdites brasseries industrielles vivent du fait qu'une majorité de la population n'accorde aucune importance au goût des choses, alors pourquoi ils se gêneraient de jouer aux dilueurs fous, hein ?
Bref, les bières "premier prix" sous marques de distributeurs suisses semblent parfois produites sans passer par ce petit raccourci honteux, si on en juge par les quelques bonnes surprises qu'il y a dans ce secteur-là.
Peut-être bien parce que ces bonnes surprises, étant produites en tonnages pas très importants vu la taille du marché suisse, ne justifient pas de se livrer à ce petit jeu-là. (Chose qui avait été étayée par le bon classement, dans le test évoqué, de la Valaisanne Blonde 25, un produit Carlsberg Suisse, mais elle aussi produite en petit tonnage à Sion)
C'est très difficile sur ce créneau-là de déterminer qui produit quoi, les étiquettes étant obstinément muettes (contrairement au bières bio sous marques de distributeur, vu que le cadre du Bio prévoit la transparence quant au titulaire de la licence bio, qui doit être indiqué sur l'emballage)... mais des rumeurs plus ou moins persistantes circulent.
La Denner Lager sortirait apparemment des cuves d'une brasserie appartenant à Ramseier (ex-Unidrink, ex-Lupo's Getränke). C'était aussi le cas de la bière Farmer - blonde et brune - vendue dans tous les Landi du pays, qui est une autre de ces bières surprenantes de caractère en regard de son prix, jusqu'à ce que Landi changent de commanditaire et se fournissent en Allemagne.
Le cas le plus spectaculaire est cependant celui de la bière Helvetia / Prix Garantie de Coop (produite par Heineken Suisse, si l'on en croit le rapport de la Commission de la concurrence sur la reprise d'Eichhof par Heineken en 2008, page 14... ), qui, en dégustation à l'aveugle, domine non seulement les autres marques distributeur bas de gamme de la Coop comme Tell (produite elle aussi par Heineken Suisse), mais aussi les grandes marques qui coûtent trois fois et demi plus cher (Par exemple, l'Heineken, qui sort de la même brasserie, coûte Fr. 2.20 la boîte de 500ml, contre -.65 pour la Prix Garantie...)
Pas une bière exceptionnelle, mais quelque chose de vraiment correct, avec un petit peu de corps, un houblon floral vraiment perceptible au nez et une bonne amertume en sortie. Un bon exemple, honnête et éminemment buvable, de Schweizer Lager Hell (cf. mon topo sur l'héritage du cartel de la bière en Suisse)
Quand il s'agit, au bureau, d'organiser des apéros, par exemple quand un ou une collègue nous quitte, la question que me posent souvent mes collègues c'est "on prend quoi comme bière ?", certains qu'il faut du spécial ou du cher pour me satisfaire, avec ma réputation...
Quand je réponds "oh, si tu vas à la Coop, prends de la Prix Garantie...", y'a des mâchoires qui tombent, parmi ceux qui ne sont pas encore au courant, tant le schéma "premier prix = bêêrk / grande marque = miam" est enraciné dans les esprits...
Moralité : c'est mieux de soutenir les petites brasseries locales et les micros, mais quand il faut de la bière "sacrifiable" en quantité pour une fête, de la bière qui soit à la fois pas chère, acceptable par les profanes, et vraiment, honnêtement buvable, c'est, paradoxe helvétique oblige, du côté des "premier prix" qu'il faut chercher, parce qu'il y a quelques perles...
jeudi 15 octobre 2009
Rien à voir...
... avec les considérations bièreuses habituelles, mais le dernier CD de Format A'3 tourne en boucle depuis 2 heures sur ma platine, et c'est monstre bjien. Si on aime le post-jazz des trois compères, bien sûr.
mercredi 14 octobre 2009
Mondial de la bière, Strasbourg
Dix ans après la dernière édition d'Eurobière, Strasbourg verra à partir de ce vendredi la première édition du Mondial de la Bière en Europe (l'original ayant lieu à Montréal), au Parc des Expositions de Wacken (comme Eurobière).
C'est clairement une bonne chose que ce genre de manifestation grand public existe à nouveau quelque part en France, ne serait-ce que pour élargir un petit peu les horizons des amateurs français...
Il y a eu quelques lamentations du côté des brasseurs alsaciens, si l'on en croit L'Alsace, qui n'ont pas pu mettre en place un stand commun, Heineken France et Carlsberg France (Kronenbourg) ayant décliné l'invitation.
Bon, euh, là, c'est pas pour dire, mais ça peut pas faire de mal à l'image de la bière alsacienne d'être représentée sans les deux gros de service, sans leur sirop de glucose, leur caramel colorant et leurs antioxydants (regardez un peu la composition sur une boîte de 1664, pour voir...), sans leurs bières aromatisées aux concepts douteux, et surtout sans leur force de frappe côté marketing.
Peut-être que du coup Gérârd et Frônck qui roulent uniquement à la Kro vont essayer autre chose. On peut rêver...
Mais Gérârd et Frônck risquent d'être déçus s'ils veulent se péter le groin : les dégustations ne font que 12,5 cl. Bon, le verre peut en contenir deux, soit 25 cl...
Là, on a un signe clair, un appel à une consommation modérée, repris de l'usage du Mondial à Montréal (dégustations de 4 onces), et c'est une très bonne chose !
Un appel à la modération qui vise aussi le porte-monnaie: 6 Euros pour l'entrée, puis 7 euros pour un carnet de dix coupons, les dégustations de 12,5 cl coûtant de deux à cinq coupons, soit, pour 25 cl, entre 2.80 et 7 Euros.
Pour un Suisse qui a connu les tarifs des bars norvégiens (de 17 à 21 francs suisses pour une bouteille de 500ml de bière de micros locale), pas de quoi sourciller, mais je crains que ça ne douche passablement les consommateurs français, et, plus encore, allemands, moins habitués à ce genre de niveau de prix...
La liste des produits et exposants (téléchargeable ici), avec 400 bières, et très honorable pour une première édition. La représentation solide des micros étasuniennes, québécoises, japonaises et italiennes, par exemple, au milieu des françaises, des allemandes et des belges, est une bonne surprise.
Par contre, il y a des lacunes ailleurs.
Par exemple côté scandinave, une région que l'on sait devenue très riche en bières de caractère au cours des 10 dernières années, il n'y a que trois micros suédoises présentes. Un bon début, sans plus.
Côté britannique, à part un stand avec all the usual suspects comme Youngs & Wells, Wychwood, Black Sheep ou Batemans, rien de tellement inédit sur le continent, et peu de bières qui fassent vraiment justice aux forces des brasseurs britanniques côté bières de caractère peu alcoolisées... si l'on excepte la XXXB de Batemans, aussi corpulente et complexe qu'ne ambrée belge à 7,5%, mais avec un misérable 4,8% d'alcool, et une amertume décente en plus !...
Ah, et y'a pas de brasserie ou micros suisses non plus...
J'ai eu quelques infos sur l'arrangement prévu d'un des brasseurs qui a été en contact avec eux, et on comprendra un peu mieux pourquoi. Les stands étant trop chers pour une micro seule, la plupart devraient passer leurs bières dans un bar général. Et là, l'arrangement est :
- soit la brasserie donne la bière, paie 100 euros de frais et les organisateurs prennent en charge transport et taxes douanières.
- soit la brasserie facture les bières, et paie 250 Euros de frais, plus le transport et les douanes.
L'un dans l'autre, les quantités concernées étant relativement faibles, l'investissement n'est pas rentable par rapport aux retombées qu'il y a à en attendre, du moins pour un brasseur en activité principale, qui tente d'en vivre.
Donc aux dernières nouvelles, pas de micro-brasseries suisses à Strasbourg. Et les raisons de l'absence des micros britanniques sont certainement semblables.
C'est clairement une bonne chose que ce genre de manifestation grand public existe à nouveau quelque part en France, ne serait-ce que pour élargir un petit peu les horizons des amateurs français...
Il y a eu quelques lamentations du côté des brasseurs alsaciens, si l'on en croit L'Alsace, qui n'ont pas pu mettre en place un stand commun, Heineken France et Carlsberg France (Kronenbourg) ayant décliné l'invitation.
Bon, euh, là, c'est pas pour dire, mais ça peut pas faire de mal à l'image de la bière alsacienne d'être représentée sans les deux gros de service, sans leur sirop de glucose, leur caramel colorant et leurs antioxydants (regardez un peu la composition sur une boîte de 1664, pour voir...), sans leurs bières aromatisées aux concepts douteux, et surtout sans leur force de frappe côté marketing.
Peut-être que du coup Gérârd et Frônck qui roulent uniquement à la Kro vont essayer autre chose. On peut rêver...
Mais Gérârd et Frônck risquent d'être déçus s'ils veulent se péter le groin : les dégustations ne font que 12,5 cl. Bon, le verre peut en contenir deux, soit 25 cl...
Là, on a un signe clair, un appel à une consommation modérée, repris de l'usage du Mondial à Montréal (dégustations de 4 onces), et c'est une très bonne chose !
Un appel à la modération qui vise aussi le porte-monnaie: 6 Euros pour l'entrée, puis 7 euros pour un carnet de dix coupons, les dégustations de 12,5 cl coûtant de deux à cinq coupons, soit, pour 25 cl, entre 2.80 et 7 Euros.
Pour un Suisse qui a connu les tarifs des bars norvégiens (de 17 à 21 francs suisses pour une bouteille de 500ml de bière de micros locale), pas de quoi sourciller, mais je crains que ça ne douche passablement les consommateurs français, et, plus encore, allemands, moins habitués à ce genre de niveau de prix...
La liste des produits et exposants (téléchargeable ici), avec 400 bières, et très honorable pour une première édition. La représentation solide des micros étasuniennes, québécoises, japonaises et italiennes, par exemple, au milieu des françaises, des allemandes et des belges, est une bonne surprise.
Par contre, il y a des lacunes ailleurs.
Par exemple côté scandinave, une région que l'on sait devenue très riche en bières de caractère au cours des 10 dernières années, il n'y a que trois micros suédoises présentes. Un bon début, sans plus.
Côté britannique, à part un stand avec all the usual suspects comme Youngs & Wells, Wychwood, Black Sheep ou Batemans, rien de tellement inédit sur le continent, et peu de bières qui fassent vraiment justice aux forces des brasseurs britanniques côté bières de caractère peu alcoolisées... si l'on excepte la XXXB de Batemans, aussi corpulente et complexe qu'ne ambrée belge à 7,5%, mais avec un misérable 4,8% d'alcool, et une amertume décente en plus !...
Ah, et y'a pas de brasserie ou micros suisses non plus...
J'ai eu quelques infos sur l'arrangement prévu d'un des brasseurs qui a été en contact avec eux, et on comprendra un peu mieux pourquoi. Les stands étant trop chers pour une micro seule, la plupart devraient passer leurs bières dans un bar général. Et là, l'arrangement est :
- soit la brasserie donne la bière, paie 100 euros de frais et les organisateurs prennent en charge transport et taxes douanières.
- soit la brasserie facture les bières, et paie 250 Euros de frais, plus le transport et les douanes.
L'un dans l'autre, les quantités concernées étant relativement faibles, l'investissement n'est pas rentable par rapport aux retombées qu'il y a à en attendre, du moins pour un brasseur en activité principale, qui tente d'en vivre.
Donc aux dernières nouvelles, pas de micro-brasseries suisses à Strasbourg. Et les raisons de l'absence des micros britanniques sont certainement semblables.
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